« Être en résidence à l’orchestre national d’Île-de-France, c’est avant tout pour moi l’accomplissement d’un travail mené depuis plusieurs années autour des questions de la transmission, de la médiation et de la création de formes nouvelles mêlant musique, théâtre et chant.
C’est aussi cette envie d’art total mélangeant l’ensemble de ces disciplines que m’offre l’Orchestre national d’Île-de-France avec cette résidence. C’est voir se retrouver des disciplines souvent éloignées les unes des autres. C’est vouloir réinstaurer un dialogue.
De prime abord, un auteur metteur en scène de théâtre a-t-il une place dans un orchestre ? Voici une des premières questions à laquelle nous pouvons répondre.
Un orchestre est un fabuleux univers où doit régner l’ordre et l’harmonie au service d’une œuvre musicale, tout y est ordonné et précis au service de la puissance du son. Le théâtre possède également ces qualités de précision et d’ordre, mais on retiendra avant tout que l’art dramatique c’est l’art de la rupture, de la dispute et du dérangement.Peut-on alors mettre du désordre au sein de l’harmonie, et si ce joyeux désordre mettait en valeur cette force orchestrale et vice versa ?
Voilà tout l’enjeu de cette résidence, vouloir retrouver une symbiose, vouloir réfléchir sur le « voir et l’entendre », toucher des publics aussi divers que de villes où se produit l’Orchestre national d’Île-de-France, en mélangeant joyeusement la puissance de la musique et l’énergie du théâtre.L’orchestre représente pour moi un immense terrain de jeu et d’expérimentation, il y a tellement de possibles, tellement de ressources et de compétences multiples, autant d’éléments à géométrie variable permettant les fantasmes artistiques les plus fous.