Création Salle Pleyel – Cité de la musique Novembre 2012
Tournée clef des chants – 2014-2019
Tournée Liban – 2016

Miniature lyrique transposée pour guitare électrique, opéra de H. Purcell, adaptation
Edouard Signolet, création Salle Pleyel / Cité de la Musique.
Compagnie Le Cabinet Vétérinaire (découverte et valorisation de l’opéra).
Adaptation et mise en scène : Edouard Signolet
Arrangements / guitare électrique : Ludovic Leleu
Chant : Sarah Laulan (contralto), Kate Combault (soprano), Elisa Dougthy (soprano),
Arnaud Guillou (baryton)
Jeu : Amandine Dewasmes

Argument 

La Reine Didon est amoureuse d’Enée, mais elle hésite à faire connaitre son sentiment pour des raisons politiques. Sous les encouragements de sa confiante Belinda, Didon finit par avouer son amour, partagé par Enée. La reine des sorcières, qui déteste Didon, souhaite provoquer la chute de cette dernière, et concocte un plan à cette fin. Enée tombe dans son piège et annonce que les dieux l’appellent à partir pour construire un royaume en Italie.Didon a le coeur brisé. Enée propose de rester, au risque de provoquer la colère des cieux, mais Didon le pousse à repartir, mourant ensuite de chagrin.

L’adaptation de l’oeuvre de Purcell effectuée par Edouard Signolet est un savoureux mélange entre Le « semi-opéra » à l’anglaise et le théâtre élisabéthain. Dans cette réécriture, les rôles parlés sont pris en charges intégralement par une comédienne récitante qui donne corps et chair à cette tragédie lyrique, sorte de crieuse public, c’est elle qui permet aux spectateurs de pénétrer dans l’histoire par son récit, par sa voix, par son corps. Cette histoire, entièrement contée en français, permet aux jeunes spectateurs de rencontrer de façon littéraire une œuvre mythologique et lyrique. La récitante c’est aussi la bonimenteuse, celle qui introduit les numéros du  cirque lyrique, les personnages et les voix. Les chanteurs, au nombre de trois , interprètent l’ensemble des rôles de cet opéra, ils sont à la fois solistes et choristes. Cette distribution à double entrée, est une virtuosité interprétative de la part des chanteurs qui, à vue, se transforment corporellement pour donner vie à chaque personnage qu’ils incarnent. Procédé ludique, burlesque et virtuose, il donne à voir théâtralement une nouvelle dimension dans l’interprétation de l’opéra en brisant certains codes de jeu opératique souvent très établis. C’est donc un spectacle lyrique dans lequel les interprètes s’engagent totalement ; ils sont la voix, le corps et le décor de conte lyrique et théâtral.

Avec cet arrangement moderne de l’œuvre de Purcell, il y a une véritable intention de donner un souffle Rock’n’Roll à la partition. Nous ne cherchons pas à trahir mais à décaler l’oeuvre originale. Les voix lyriques sont au centre de tout et la guitare électrique est l’élément accompagnateur mais aussi l’élément perturbateur. Le but est de réinterpréter une œuvre du 17ème siècle qui est elle- même la réappropriation par Purcell d’éléments plus anciens. La musique baroque euphorique (au sens étymologique où elle porte) est une musique qui ne cherche pas systématiquement son niveau suprême (la « grande musique »), c’est un donc un univers meuble où l’ensemble des possibles est envisageable.

Ainsi les incursions plus Rock’n’Roll et les anachronismes musicaux, les citations d’autres œuvres de Purcell « King Arthur » sont tout à fait possibles dans cet univers minimaliste où tout est ouvert. L’accompagnement est réduit à son squelette laissant ainsi exploser la voix. La partition de Purcell possédant initialement une orchestration réduite, se prête parfaitement à cet exercice.

La voix du nord
Indépendant du pas de calais

Crédits photos : Marie-Louise Le Goff