Création Cité de la musique salle pleyel Février 2013

Accordéon : Pierre Cussac
Mise en scène : Edouard Signolet
Avec Kate Combault, Amandine Dewasmes, Mathieu Dubroca, Sarah Laulan et Remy Poulakis

Le chef-d’œuvre de Bizet, Carmen

Carmen est assurément l’un des opéras les plus populaires du répertoire occidental. L’ouverture, la célébrissime Habanera « L’amour est un oiseau rebelle », ou encore l’air « Toréador en garde », font partie de notre mémoire collective, du patrimoine universel. De fait, Carmen est un chef-d’œuvre dont la musique colorée, joyeuse, parfois tragique, parvient à recréer un cadre intense et sensuel, celui de l’Espagne du 19e siècle.

LArgument

Carmen, une bohémienne au charme sulfureux, a jeté son dévolu sur Don José, jeune brigadier, bien que celui-ci soit déjà fiancé à Micaëla, ouvrière dans une manufacture de tabac et collègue de Carmen. Les deux jeunes femmes se disputent. Le lieutenant Zuniga arrête Carmen. Don José est chargé de la conduire en prison, mais captivé par le charme de la jeune femme, il laisse s’échapper la prisonnière. Dans une taverne, Zuniga et le toréador Escamillo tentent en vain de séduire Carmen. Elle les repousse. Don José, dégradé et emprisonné pendant deux mois pour avoir laissé s’échapper Carmen, réapparaît. Il lui avoue son amour. Carmen lui demande alors comme preuve d’amour de la suivre dans les montagnes avec les contrebandiers.

Impossible ! L’honneur militaire de Don José lui interdit un tel acte. Zuniga, abusant de son autorité, tente de chasser Don José pour séduire Carmen à nouveau. Un duel entre les deux hommes s’ensuit. Après avoir mis son supérieur à terre, Don José n’a d’autres choix que de suivre les contrebandiers dans la montagne. Carmen délaisse peu à peu son amant Don José, ce qui le rend fou de jalousie. Lors d’une corrida à Séville, le toréador Escamillo apparaît aux côtés de Carmen, resplendissante. Don José la rejoint et la supplie de lui revenir. Elle refuse. Dans un accès de folie, Don José tue alors sa bien-aimée, après s’être entendu dire une dernière fois : « Non, je ne t’aime plus ».

Ladaptation par Edouard Signolet

L’adaptation de l’oeuvre de Bizet effectuée par Edouard Signolet s’inscrit dans la tradition de l’opéra comique français : œuvre théâtrale parlée et chantée. Il se caractérise par l’alternance de dialogues parlés, parfois accompagnés de musique et d’airs chantés, souvent de coloration populaire.

Dans cette réécriture, les rôles parlés sont pris en charge intégralement par une comédienne-récitante qui donne corps et chair à l’histoire de cette femme ivre de liberté, sorte de crieuse public, c’est elle qui permet aux spectateurs de pénétrer dans l’histoire par son récit, par sa voix, par son corps. Cette histoire, entièrement contée en français, permet aux jeunes spectateurs de rencontrer de façon littéraire une œuvre lyrique majeure du répertoire français.

La récitante c’est aussi la bonimenteuse, celle qui introduit les numéros du cirque lyrique, les personnages et les voix. Les chanteurs, au nombre de quatre, interprètent l’ensemble des rôles de cet opéra, ils sont à la fois hommes et femmes . Cette distribution à double entrée, est une virtuosité interprétative de la part des chanteurs qui, à vue, se transforment corporellement pour donner vie à chaque personnage qu’ils incarnent. Procédé ludique, burlesque et virtuose, il donne à voir théâtralement une nouvelle dimension dans l’interprétation de l’opéra en brisant certains codes du jeu opératique souvent très établis.

Un procédé scénographique épuré est mis en place dans une volonté d’ouvrir le spectacle à tous types de lieux, intérieurs et extérieurs et par extension à tous types de spectateurs. C’est avant tout une volonté de rendre l’opéra démocratique et de briser cet élitisme qui souvent nuit à l’image de cet art très généreux. D’un point de vue esthétique, cette volonté d’épuration (pupitres et costumes de concert) rétablit les codes initiaux du concert récital classique, le spectateur pense qu’il va assister à quelque chose de connu, mais dès que la musique se met en marche les codes se brisent les uns après les autres. La comédienne harangue la foule, les chanteurs deviennent le décor bruité (forêt, combat… …) de cette histoire à l’image de l’esthétique du groupe anglais Monty Python, mais ils sont aussi une parodie de chœur antique augmentant ainsi le récit de la comédienne.

C’est donc un spectacle lyrique dans lequel les interprètes s’engagent totalement ; ils sont la voix, le corps et le décor de cette oeuvre lyrique et théâtrale.

La transcription pour accordéon

Depuis le début du 20ème siècle, quelques précurseurs veulent sortir l’accordéon de sa réputation populaire et l’élever au rang d’instrument savant. Ces progrès ont permis aux accordéonistes de montrer toutes les possibilités de l’accordéon et surtout de pouvoir retranscrire pratiquement n’importe quelle oeuvre du répertoire classique, telle cette pièce de Richard Wagner chantée par le baryton-basse Jean-Marc Salzmann accompagné de l’accordéoniste Pierre Cussac.

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La richesse de l’accordéon, instrument polyphonique à soufflet, est d’être capable, à lui seul, tout comme le piano, de réduire une partie orchestrale complexe. Pour Carmen, la volonté de Pierre Cussac fut de décaler tout en respectant le texte original de Bizet. L’accordéon est tour à tour un musicien de rue, un orgue de barbarie, un orgue et un orchestre de chambre. L’utilisation de l’instrument permet de faire entendre tantôt un pupitre de cuivre, tantôt un passage de corde.

Carmen, une cigarière vivant à Séville qui revendique sa liberté totale, se fait arrêter par la garde à la suite d’une rixe. Dans le régiment, Don José, jeune soldat exalté, tombe immédiatement amoureux de cette femme fascinante et l’aide à s’échapper. Il lui avoue son amour et se livre totalement à elle, devenant ainsi hors-la-loi. Mais Carmen, attachée à sa liberté, se lasse vite de cet amoureux jaloux et se tourne vers un nouvel amant, au désespoir de Don José

Crédits photos : Franck Blanchard

Carmen | Opéra comique à Hammana Artist House

Et voilà pourquoi Carmen fut un veritable beau moment à Hammana Artist House!Merci à tous les artistes, à l'Institut français du Liban et à notre chaleureux public!Vidéo: Jean Hatem Carmen | Opéra comique #hah_lb

Gepostet von Hammana Artist House am Mittwoch, 29. November 2017